Expérience d’estimation des services écosystémiques
Cette provocation artistique cherche à estimer les ordres de grandeur de services écosystémiques critiques, fondamentaux pour l’ensemble des processus vitaux planétaires.
Il est fréquent de décrire nos rapports à la société, au monde et à la biosphère à l’aide de métaphores issues de l’économie, discipline qui porte une conception très particulière de la valeur. Les conventions économiques dominantes peinent à reconnaître la valeur intrinsèque des écosystèmes dont dépend toute vie.
L’expérience consiste en un mètre carré de blé cultivé artificiellement dans un environnement clos. Les intrants essentiels – eau, lumière, chaleur, nutriments – sont mesurés, contrôlés et visualisés publiquement. Ce protocole rend sensible l’ampleur des contributions écosystémiques et fournit une référence spéculative pour penser le « travail de la biosphère », aujourd’hui dévalué et surexploité.
Conception : DISNOVATION.ORG, Baruch Gottlieb
Développement web : Jérôme Saint-Clair
Développement hardware : Vivien Roussel, Thomas Demmer
Installation, 1 m² de culture automatisée, lampes horticoles LED, caméra, streaming vidéo
Production : iMAL (BE) | Coproduction : Biennale Chroniques (FR)
Images de presse : Flickr
Soutien : projet financé par le programme MSCA-RISE dans le cadre de NEST (« Networking Ecologically Smart Territories »).
Au fil des années, les modèles ont estimé le coût de notre unité de production de blé intérieur entre 250 € et 400 € par kilogramme. Soit environ mille fois plus que le prix mondial du blé cultivé en plein air, avec l’appui gratuit – ou invisibilisé – des écosystèmes, des intrants chimiques et des machines.
Ces chiffres ne prétendent pas donner le « vrai coût » du blé. Ils rendent surtout sensible, par contraste, l’immensité des contributions écosystémiques qui sous-tendent notre alimentation quotidienne et qui restent massivement sous-évaluées dans les cadres économiques conventionnels.
Introduction vidéo
La vidéo détaille le protocole expérimental, les flux de matière et d’énergie mobilisés, ainsi que l’écart gigantesque entre cette culture artificialisée et l’agriculture en plein champ. L’expérience fonctionne comme un contre-exemple : elle éclaire l’ampleur des services rendus gratuitement par la biosphère dans l’agriculture conventionnelle.
Life Support System (LSS-2022-ESCH-LU)
Life Support System (Harvest) - Hangar Y, 2023
Expérience d’estimation en direct
Un mètre carré de blé cultivé entièrement de manière artificielle dans un environnement clos. Tous les intrants sont contrôlés et mesurés. Le protocole permet d’approcher les ordres de grandeur des flux de matière et d’énergie autrement fournis par les écosystèmes sur les terres arables.
Les limites de l’imaginaire de la ferme verticale
Les fermes verticales urbaines peuvent produire de façon rentable certaines cultures hydroponiques à haute valeur, mais elles ne remplacent pas les vastes surfaces agricoles nécessaires à la production de calories, de protéines, d’huiles et de fibres. Life Support System matérialise ce décalage : l’agriculture artificielle ne fait apparaître sa faisabilité qu’au prix d’une reproduction technique, sociale et énergétique extrêmement coûteuse des fonctions assurées par les écosystèmes.